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2nde partie : « Aucun plan, aussi parfait soit-il n’a jamais survécu au premier contact avec l’ennemi ».

 

Après avoir traité de la force du groupe dans la première partie de l’article (https://www.linkedin.com/pulse/comment-adapter-et-utiliser-au-mieux-les-m%25C3%25A9thodes-militaires-bigal/?trackingId=QEuv6l3%2BQ%2BKd1ulk9F1vCQ%3D%3D), voici la seconde partie et donc seconde leçon tirée de mon expérience de stagiaire au sein de la formation continue de l’école de Saint Cyr COETQUIDAN.

Pour rappel, référent défense, et officier de réserve citoyenne, j’ai été invité par la Garde Nationale à un stage certifiant. L’objet de cet article est une synthèse de l’apport des méthodes militaires dans le domaine privé, notamment pour les professionnels de la communication de crise.

La seconde leçon porte sur l’usage de méthodes simples mais efficaces. Systématiques et connues de tous.

On le sait, dans le privé, nos réunions sont parfois interminables, et ne démarrent pas forcément avec un alignement de toutes et tous, notamment face à un objectif commun.

Surtout dans des scénarii de crise, où les tensions sont parfois maximales (suicides, grèves, assassinat sur un lieu de travail, …) avec des egos forts et à sauvegarder malgré tout.

Les méthodes militaires (MIMORI, SMEPP, …) permettent de structurer rapidement le contenu d’une réunion, de fixer un cadre clair et de ponctuer ces réunions par des points d’étape. Il en existe de nombreuses et les acronymes ne manquent pas dans l’institution militaire.

Le back-brief. Permet au cours d’une réunion de valider que nous sommes tous bien alignés par rapport aux concepts échangés ou à la mission à effectuer. Chacun s’exprime. 1 minute, 2 minutes, 3 maximum. Mais pas une seconde de plus. Tous les écarts sont corrigés. Il y a un gardien du temps.

Le rehearsal. Ou répétition. A la fin de chaque planification, nous répétons chaque minute de l’opération. Si nous avons des objets en main, ils nous servent à nous positionner. Si nous parlons d’une conférence de presse, d’une visite d’un VIP sur le terrain, chaque minute est décomposée et chacun sait exactement où il se trouve. Quel journaliste, élu ou VIP, il devra prendre en main, suivre ou assister. Le rehearsal est systématique et permet d’intégrer intérieurement chacune des actions à effectuer.

Les cas non conformes. Dans une planification, en réunion, n’avez-vous jamais remarqué qu’il y a toujours quelqu’un qui vous dira dès le début du projet ou de la réflexion : « ça ne marchera jamais parce qu’il y aura ceci ou cela ». Les militaires ont théorisé ce type de remarque. Elles ne sont pas écartées mais elles ne sont prises en compte qu’après la planification. On appelle cela la gestion des cas non conformes.  Les CNC ne vient pas empêcher de déployer une stratégie. Ils sont étudiés en complément à l’élaboration d’une stratégie.

Les cas non conformes sont très utiles en gestion de projet car ils ne sont pas considérés comme des fautes ou des dysfonctionnements (donc que tout le monde redoute mais sans le verbaliser ou vont avoir tendance à ignorer dans le cadre du projet, rendant donc celui-ci donc plus à risque) mais comme des composantes d’une stratégie globale. Le groupe les travaille avec un esprit positif. Il y aura des cas non conformes. Nous les traiterons en temps utiles. Mais nous les traiterons.

En gros, nous allons maintenant étudier ce qui va merder.

D’ailleurs le MARECHAL Helmuth Karl Bernhard von Moltke ne disait-il pas : « Aucun plan, aussi parfait soit-il n’a jamais survécu au premier contact avec l’ennemi ».

 Dernier point essentiel. Le compte-rendu.

Dans le privé, demandez un compte-rendu et attendez-vous à recevoir souvent un powerpoint de 35 slides avec le sommaire du sommaire en bullet points, eux même découpés en sous-parties.

Le compte-rendu militaire est simple. Il repose sur 4 points.

Je suis …

Je vois…

Je fais…

Je demande… (ou je demande conduite à tenir)

L’essentiel est là, et, bien maîtrisé, vous verrez que cet exercice de compte-rendu est efficace dans pratiquement tous les cas de figure. Notamment dans les comptes-rendus quotidiens demandés dans le cas de suivi ou veilles de crise (sur le terrain ou en veille médias) lorsque plusieurs acteurs sont impliqués. Ce qui est le cas en com de crise pour des grands groupes, où interviennent systématiquement en en parallèle plusieurs directions, consultants et intervenants dans les crises importantes.

Un des outils les plus utilisés en matière de communication pour des gestions de crise est aujourd’hui Whatsapp. On peut donc s’affranchir du « Je suis » puisque chaque émetteur dans la liste est indiqué nativement dans l’application. Mais le fait de communiquer non pas en one to one mais en one to many rend l’outil Whatsapp moins souple. Il est donc demandé de rendre compte avec un minimum de mots pour que tout le monde puisse le prendre en compte. Même si le bip de notification sonne toutes les 5 minutes.

Semaine prochaine, nous verrons les outils à déployer pour mieux communiquer.

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